Après cinq ans dans les murs du prestigieux Café Moskau, GMF, le gay tea-
dance du dimanche soir, change d’adresse et de formule. Pour tous
ceux qui seraient à Berlin, ne manquez pas la dernière, le 26 août, dès 22h jusqu’à … la fin.
GMF est une véritable marque de fabrique, un pool de DJ, une ambiance, un incontournable de la vie gay berlinoise, quelque chose de comparable à notre TRIXX et aux JUNGLEs. Les soirées au Café Moskau, dans un cadre sublime, offrent ce petit genre « pétasse mode » que l’on apprécie tant à Lausanne, dont on se défend et dans lequel on donne avec délice. Imaginez-vous, vous êtes à « the place to be », sur la plus prestigieuse avenue de Berlin, dans un établissement qui avaient été conçu pour la nomenklatura DDResque. Un vaste hall vous accueille, un vestiaire, un premier bar à la suite d’une salle et le patio, un espace à ciel ouvert, avec un bassin, un autre jardin contigu. A l’étage, à l’occasion des grandes fêtes, on organise le lounge ; la disco en sous-sol avec son décor seventies’ d’origine. Vous évoluez parmi des meubles, un espace historiques que connurent Erich Honecker et sa suite.
P’tit genre « so chic ».
Le GMF@CaféMoskau n’est toutefois pas un musée, de loin pas. C’est l’endroit où il faut se montrer, et dans des vêtements griffés si possible, où l’on
parade, le p’tit genre « so chic » qui en énerve plus d’un. Il faut certainement y voir la raison pour laquelle le Spartacus a si mal noté
LE rendez-vous du week-end. On y voit les plus beaux touristes de la ville, un véritable défilé de mode, un catalogue vivant des tendances. Inutile
d’essayer de draguer, on n’est pas là pour ça ; les grandes dames sont très prudes, elles viennent accompagnées de leur suite ou d’une duègne au moins. On se montre et on danse, surtout si
Zoé est au platine, une superbe blonde, souriante, au goût musical très sûr, un DJ si efficace qu’il n’est pas même nécessaire d’avoir bu ou gobé pour décoller.
1er et 2 septembre
Plus qu’une soirée avant que ce « mirage » ne se raconte au passé. La suite : une nouvelle adresse, sur l’Alex, dans les derniers étages de la « Haus des Reisens » (Alexanderstr n°7). Un bar se tiendra sur le toit, deux étages de dance floors et une inauguration en fanfare les 1er et 2 septembre. L’heure de la rentrée aura sonné et n’oubliez pas que, dès le 1er septembre aussi, vous retrouverez toute la rédaction du journal de VoGay sur un nouveau portail !
Frédéric Vallotton
Rédacteur en chef
Pink TV, en
dépit de ses prétentions, de son chic parisien et d’une kyrielle de
bonnes
fées qui s’étaient penchées sur son berceau très couture, se prépare à une rentrée pas très glamour : deux heures de rediffusion quotidienne et du porno
plan-plan !
Il est bien loin le grand bazar inaugural au palais de Tokyo ; fini le ballet des jeunes présentateurs starlettes au sourire pepsodent, au bronzage impeccable, le pectoral avenant, la
chemise et le pantalon très, très ajustés. Apparemment, la clientèle visée n’a pas suivi et ne s’est pas reconnue dans ce média payant (9 € par mois) trop parigo-parisien, trop jeuniste, trop
exclusif et, surtout, intellectuellement aussi peu stimulant qu’un prime de TF1. Dès la rentrée, hop, régime sec ! Des 21 salariés des débuts, il n’en restera plus que 4, dont le président
et fondateur Pascal Houzelot. Les trois autres ? Un ingénieur, un employé de bureau et un technicien polyvalent de surface, je suppose.
Pourquoi tant de haine
Vous aurez remarqué le ton quelque peu narquois des lignes qui précèdent … Mais pourquoi tant de haine ?
Parce que le petit genre arrogant et nombriliste du milieu parisien est lassant. Ce qui arrive à Pink TV – et menace Têtu susurre-t-on – n’est que le fruit de l’orgueil démesuré d’ayatollahs gay sans grand talent. De plus, il y a aussi la déception de voir ainsi s’effondrer un
média qui aurait pu être tant de choses, qui aurait pu donner un nuance nouvelle au panorama audiovisuel francophone, qui avait la liberté du culot mais n’en a rien fait. Il aurait
fallu un peu moins de strass « fashion » pour un peu plus de vraie réflexion, une once de subversion et une tribune libre ouverte aux
courants alternatifs.
4,5
millions d’euros de dette
Tout n’est pas encore fini même
si Pink cumule une dette de 4,5 millions d’euros. Un plan de sauvetage n’est pas exclu. Toutefois, la grille de la rentrée s’annonce
tellement désolante que le peu de clients restants risquent de jeter l’éponge. Les diffusions commenceront sur le coup des 22h avec du réchauffé jusqu’à minuit puis du pornac jusqu’à 5h. Euh … je
devrais dire « films de charme », selon l’énoncé du site de Pink TV, ce qui laisse paraître comme un rien de gêne de la part de la direction. Evidemment, on est loin des flaflas des débuts. A croire que sur Pink TV, on a peur d’être
trop « gay ».
Le porcelet masqué
La
scène cuirette berlinoise regarde avec fierté la boîte de prod pornac locale, les fumeux studios Cazzo ! Difficile de regarder avec le minimum de sérieux requis à toute activité sexuelle
l’un ou l’autre de ses titres. Entre fantasme féticho-abracadabrantesque et scénario digne de la télé réalité façon Sat1, bienvenu au niveau zéro du bandant.
Dans l’ensemble, les acteurs sont moches (s’ils ne le sont pas à la base, on les rend moches), les situations branques, les baises ennuyeuses, à se demander qui peut bien regarder de telles horreurs ! Peut-être des amateurs de bagnoles ? Dans l’un des derniers opus lamentable des studios Cazzo, la réalisation s’est crue inspirée en glissant une ou deux courses poursuites. Tant mieux, ça mange de la pellicule et, en attendant, on ne voit pas un tas de tromblons copuler en reniflant de la chaussette périmée ! Le plus fantastique – en sus des prouesses acrobatiques des acteurs – ce sont certainement toutes les autorisations que les studios auront dû demander auprès des autorités afin de tourner en extérieur et en pleine ville de Berlin ! Voilà qui laisse songeur …
Se léchouiller la papatte
Les acteurs sont salement arrangés, ils ont des pratiques féticho-similicuiresques, oui, et alors ?! grand bien leur fasse. Pourquoi démolir ces studios dont le navrant de leur production représente sa marque de fabrique. Afin de dénoncer une hypocrisie. Pendant qu’une bande de cageots déviants se fait remplir les burnes de liquide physiologique, se léchouille la papatte parmi, et simule le viol et la contrainte sexuelle (super crédible, le viol, avec préso et lubrifiant en tube à portée de main), de vrais viols sont perpétrés. L’image de la sexualité que donne les studios Cazzo est bien plus discutable que toute la production bareback, à propos de laquelle la frange bien pensante de la nomenklatura gay pousse des cris d’orfraies.
Curiosité ethnographique.
Grand-maman disait « si vous n’aimez pas, n’en dégoûtez pas les autres ». Soit. Il est vrai que, dans votre vidéothèque de connaisseur, vous vous devez d’avoir une production Cazzo, un film récent, ce sont les plus déjantés. Les soirs de réception, vous pourrez toujours exhiber cette curiosité ethnographique après le café et glissez, mine de rien, vers un sujet plus horizontal si vous portez quelque concupiscence à l’endroit de l’un de vos convives.
Stardu
Les soirées ni trop ceci, ni trop
cela sont bien rares dans le milieu, difficile
d’allier ambiance, accueil, tendance et partie de chasse. Toutefois le SchwutZ réussit cet exploit et me rappelle l’époque glorieuse
quand feu le général mon époux était en garnison à Berlin. Présentation des lieux et mode d’emploi.
Ah, là, là, ma bonne dame, il n’y a plus de saisons, plus de vrais hommes, plus de mur ni même d’établissement pour dames bien mais pas trop quand même. On finit par se retrouver dans une arrière-salle de la sacristie, avec des gâteaux secs pour seule distraction, à préparer la prochaine fête paroissiale gay. La plupart des maisons de traditions ont disparu ou se sont laissé gentiment ensabler jusqu’à l’oubli total. Le SchwutZ, fondé en 1971 en tant que centre de communication de la l’émancipation gay (Kommunicationszentrum der schwuler Emanzipation) a su négocier le tournant, garder le ton associatif de ses débuts et développer un militantisme à travers deux soirées hebdomadaires (vendredi et samedi), sises dans ses locaux de Mehringdamm, à côté du Schwulesmuseum, entrée au fond du café Mellita Sundström.
Rendez-vous thématiques
Du reste, toute cette section du Mehringdamm compose une sorte de petit « kiez » gay. De
saisons en
saisons, on voit
s’ajouter un nouveau café par-ci ou une boutique par-là. Les lieux sont dans un genre subtilement alternatif, voire bobo ou néo-punk. Pour en revenir au SchwutZ, entrée à sept euros, bière à
2.80, vestiaire à 1.-, les prix sont tout ce qu’il y a de plus corrects. Du coup, la clientèle y est très mixte : tous âges et toutes orientations sexuelles s’y côtoient . On ne craint pas
de faire un saut, voir si l’ambiance et bonne, faire la fermeture ou repartir après un verre dans le lounge bar. Une douzaine de soirées thématiques animent le calendrier, on est loin des pauvres
boîtes qui passent et repassent LE CD de la maison jusqu’à l’usure. « London calling » : indie rock électro ; « Bump !» : 70’, 80’, 90’ ;
« Bootylicious » : hip-hop et black music ; « Proxi club » : électro pop ; « Search and destroy » : queer alternative ; sans
parler des mythiques « Madonna party » dont on a déjà fêté les 5 ans. La programmation n’y est composée que et uniquement des titres de la diva et de reprises, bidouillages et
réinterprétation de son œuvre.
Spots light et apparat
Samedi soir dernier, « Repeat » au programme, tubes des 90’ et 00’ . Jolie foule sympa et polie, pas de divas péteuses mais des vétérans, des filles, de la jeunesse. A ce propos, le porcelet masqué, après avoir embrassé une femme, une vraie, s’en est allé avec un jeune homme indécemment jeune. Stardu discutait production pornac locale avec un amateur de la chose. Nous avons fait la fermeture avec Claudette, comme d’habitude, et avons profité du taxi d’une drag queen djette. Ah, il m’est souvenu de l’uniforme d’apparat de feu le général mon époux et des parties si chic sous les spots light desquels étincelaient ses galons.
Madame la générale, grande dame de la rédaction à temps partiel
Un séjour à Berlin, même au débotté, nécessite un minimum d'organisation,
deux ou trois choses de rien que la taille impressionnante de
la ville rend absolument nécessaires. Viatique mode d'emploi pour des jours et des nuits berlinois épanouis.
Première chose, et non des moindres, les fameux vols low-cost pour 2.50 aller-retour tout compris
tiennent du mythe urbain, pareil que le bla-bla des copines qui vous assurent que samedi soir dernier elles ont ramenés un mec subliiiiime à la maison !C'est merveilleux si elles ont réussi à
ramener un tromblon entre leurs murs décrépits et le vol low-cost "nach Berlin" n'est vraiment "günstig" qu'un mois à l'avance et, si possible, d'un mardi à un mardi. Sitôt atterri à Schönefeld
(aéroport paraît-il international), un truc qui ressemble à une ancienne base militaire est-allemande qui aurait été reprise par MacDo, direction le S-Bahn mais ne prenez pas ce transport qui
vous traînera de sous-stations miteuses en no-man's land, préférez-lui un vrai train de ligne qui vous mènera à destination pour moitié moins de temps (consultez l'horaire affiché dans le couloir
qui mène au quai et prenez patience derrière l'automate à billets).
Transports de nuit
Zoo, Ostbahnhof ou Hauptbanhof, selon votre logement, vous descendrez dans l'une ou l'autres de ces grandes stations faisant à la fois office de gare ferroviaire et halte de S-Bahn. Le système de
transport urbain berlinois est extrêmement complexe mais d'une grande efficacité pour qui le maîtrise. Par grande chaleur, préférez le S-Bahn, sorte de super-tram, au U-Bahn, métro mi-souterrain,
mi-aérien. Ces deux systèmes ont l'immense vertu de posséder un plan clair et précis distribué gratuitement partout dans les gares. Il vous permettra souvent de mieux vous y repérer qu'avec un
plan urbain classique. N'oubliez pas de cherchez près de votre logement les stations de bus et de transports de nuit (du dimanche au jeudi, dès la fin du service régulier à 5h du
matin, selon les lignes). Le week-end, les S et les U-bahn roulent sans interruption. Il est clair que l'on est loin de nous offrir un pareil service à Lausanne ou Genève ! Les bus et
les lignes de nuit, signalées par un N ou encore le réseau M ne disposent pas de plans à conserver par devers soi, il faut lire les linéaires des stations, tester et ne pas manquer de
demander votre chemin aux autochtones (aimables et serviables même dans un profond état d'ivresse !)
Tages Tipp
Une dernière chose à propos des transports publics, avant de passer à d'autres transports, favorisez les formules d'abonnement aux billets. Il existe des cartes hebdomadaires à 30.- €
qui, même si votre séjour est plus court, restent avantageuses. Quant aux autres transports ... Vous saurez tout sur les bonnes soirées, les bons clubs, les bonnes boîtes à cul par le
Siegessaüle, le gratuit gay le plus lu de la capitale. Chaque jour, un agenda complet vous offre un panel de toutes les activités gay dignes d'intérêt : télé, culture, théâtres, ciné,
cabaret, parties et parties de jambes en l'air avec, en prime, le "tages tipp", le conseil du jour qui dénote d'un goût assez sûr de la part de la rédaction. En résumé : prenez un
abonnement de transport urbain (zone AB), un plan du réseau U et S-Bahn à chacune de vos sorties et le Siegessaüle ou découper ses cartes des lieux gays par quartier si vous n'avez pas envie de
vous traîner avec le journal entier. Un seul point noir, Berlin en est encore au Moyen-Age informatique, les zones wifi sont rarissimes et l'on vous laisse assez peu volontiers brancher votre
petit ordinateur portable dans les internet cafés, tous plus mal équipés les un que les autres ! Mais vous aurez bien assez de choses à faire et même par temps de pluie, croyez-nous !
La rédaction en stage berlinois