Pink TV, en
dépit de ses prétentions, de son chic parisien et d’une kyrielle de
bonnes
fées qui s’étaient penchées sur son berceau très couture, se prépare à une rentrée pas très glamour : deux heures de rediffusion quotidienne et du porno
plan-plan !
Il est bien loin le grand bazar inaugural au palais de Tokyo ; fini le ballet des jeunes présentateurs starlettes au sourire pepsodent, au bronzage impeccable, le pectoral avenant, la
chemise et le pantalon très, très ajustés. Apparemment, la clientèle visée n’a pas suivi et ne s’est pas reconnue dans ce média payant (9 € par mois) trop parigo-parisien, trop jeuniste, trop
exclusif et, surtout, intellectuellement aussi peu stimulant qu’un prime de TF1. Dès la rentrée, hop, régime sec ! Des 21 salariés des débuts, il n’en restera plus que 4, dont le président
et fondateur Pascal Houzelot. Les trois autres ? Un ingénieur, un employé de bureau et un technicien polyvalent de surface, je suppose.
Pourquoi tant de haine
Vous aurez remarqué le ton quelque peu narquois des lignes qui précèdent … Mais pourquoi tant de haine ?
Parce que le petit genre arrogant et nombriliste du milieu parisien est lassant. Ce qui arrive à Pink TV – et menace Têtu susurre-t-on – n’est que le fruit de l’orgueil démesuré d’ayatollahs gay sans grand talent. De plus, il y a aussi la déception de voir ainsi s’effondrer un
média qui aurait pu être tant de choses, qui aurait pu donner un nuance nouvelle au panorama audiovisuel francophone, qui avait la liberté du culot mais n’en a rien fait. Il aurait
fallu un peu moins de strass « fashion » pour un peu plus de vraie réflexion, une once de subversion et une tribune libre ouverte aux
courants alternatifs.
4,5
millions d’euros de dette
Tout n’est pas encore fini même
si Pink cumule une dette de 4,5 millions d’euros. Un plan de sauvetage n’est pas exclu. Toutefois, la grille de la rentrée s’annonce
tellement désolante que le peu de clients restants risquent de jeter l’éponge. Les diffusions commenceront sur le coup des 22h avec du réchauffé jusqu’à minuit puis du pornac jusqu’à 5h. Euh … je
devrais dire « films de charme », selon l’énoncé du site de Pink TV, ce qui laisse paraître comme un rien de gêne de la part de la direction. Evidemment, on est loin des flaflas des débuts. A croire que sur Pink TV, on a peur d’être
trop « gay ».
Le porcelet masqué