Au chapitre turlututu, les « lieux » de
Berlin sont très inégaux : sauna,
porno-kino, bar à cul, soirées thématiques … On tombe vite de Charybde en Sylla.
Sur le conseil insistant de Mme la générale, du Porcelet masqué et de quelques autres encore – il paraîtrait que je suis de mauvaise humeur – on m’a orienté vers un lieu dit de « détente ». Madame la générale, connaissant mes goûts Ancien Régime en la matière, m’a quasiment poussé à l’intérieur de l’ « Apollo Sauna Club Brasil* », le plus grand sauna de la ville, fraîchement repeint ainsi que le proclame sa publicité ; un endroit chaleureux au bar duquel, pour le plaisir des convives, se déroulent des animations !
Travelote et play-back
Première impression : très moyenne, entrée prohibitive de 25.40 € cabine et serviette comprise. Il faudra payer pour en demander une sèche. Seconde impression : l’établissement n’est peuplé que des restes de la colère d’Allah ou d’Ata Türk, considérant les origines des « professionnels » y oeuvrant. Ils devaient certainement être d’une rare beauté à l’époque de Saladin ! Et le clou : on piaffe dans le vieux sable d’une caisse à chats, cela devrait évoque une plage ! Quant à l’animation, une pseudo travelote sur un play-back approximatif et un final de samba avec tous les laborieux en piste, histoire de voir la marchandise en mouvement. La troupe s’est vue augmentée de quelques jeunes personnes extra-européennes de belle prestance. Selon l’état de leur sourire, il serait avisé que leurs clients les paient en bons de soins dentaires. Je n’ai pas tardé à lever le camp. Pour un coca (25 cl) et une seconde serviette, 5.50 € à la sortie.
Die grosse Freiheit
Si vous donnez dans le genre simili-cuir-pipi-gummi, vous êtes sauvés. Vous n’avez que l’embarras
du choix : Mutschmann’s*, Scheune*, Woof*, etc. et n’oublions pas le Kit-Kat*, le truc à touristes qui veulent se donner le petit frisson. Le porcelet masqué a un certain faible pour le
Treibhaus*, sauna sale et cher mais bien fréquenté. Stardu ne jure que par le XXL* de la Schönhäuserallee, porno-kino gigantesque et sexy, bien fréquenté en journée et par mauvais temps.
Personnellement, j’aime beaucoup le Grosse Freiheit*, sis à la Boxhagenerstrasse, en plein Friedrichshain, établissement mixte dans sa conception, composé d’un bar et d’une suite d’arrières
salles faiblement éclairées … Le lieu est convivial et il est possible d’aller y tromper … son célibat ou son mari, selon.
Frédéric Vallotton
Rédacteur en chef
*Adresses et heures d’ouverture des établissements cités dans l’agenda des magazines Siegessäule ou Blu