Le 27 juillet dernier, Roberto et Michele ont été interpellés devant le Colisée par une patrouille de carabiniers alors qu’ils
s’embrassaient. La maréchaussée romaine jure ses grands dieux que ce n’était pas qu’un baiser et qu’elle aurait fait pareil avec des hétéros
Rome, le Colisée, la nuit, deux garçons et un baiser ? Seulement un baiser ? Admettons. Toutefois,
cette partie-là de la ville éternelle est bien
connue pour être « a crowded cruising area », selon le docte guide gay Spartacus. La police affirme qu’il s’en passait bien plus, d’où le procès verbal pour outrage à la pudeur !
L’affaire a tant enflé que les ministres de centre gauche ont prié les deux jeunes gens de bien vouloir excuser le gouvernement et la police pendant que leurs collègues de droite criaient à une
manipulation de la part du lobby gay. La presse n’a pas manqué d’étaler toute l’histoire et ce jusque dans les colonnes du quotidien français Le Monde (voir édition du 1 août dernier, p.
8).
Big bisou
Au-delà de la question de l’excès de zèle
ou non de la police, de son homophobie potentielle, cette petite histoire à l’italienne permet de donner un coup de projecteur sur l’état de la lutte anti-homophobe au pays du Saint-Siège. La
situation est affligeante : homophobie quasi institutionnalisée au sein du système scolaire et pacs au rabais. L’association de défense des gays et lesbiennes italiens Arcigay a décidé de
répondre à la polémique du baiser par une manifestation pour le moins originale et ludique. Tous les gays et les lesbiennes de la péninsule ont été invités à venir s’embrasser devant le Colisée
le 2 août dernier.
Ecoles vaudoises ?
En ce qui concerne les
préjugés ayant cour dans les écoles italiennes quant aux gays et lesbiennes, il sera lancé une campagne de sensibilisation et d’information dès la rentrée, n’en déplaisent à certains parents. Une
telle mesure ne serait pas, non plus, inutile dans les écoles vaudoises. Accessoirement, on pourrait aussi inviter tous les gays et lesbiennes vaudois à aller s’embrasser sous les fenêtres du
Département de le Formation et de la Jeunesse ?!
La rédaction